Pédagogie
- Formation - Conférence/Débat
François Kokelaere propose
:
- des stages de percussions en mouvement qui s'adressent
à tous musiciens ou danseurs, débutants
ou avancés.
- des conférences/débats
Mouvement musical ou
musique en mouvement
Tout SON naît d'un geste, d'une
action corporelle qui va engendrer une matière
sonore.
Plus le geste est libre, plus le mouvement est souple
et plus le SON trouve son amplitude naturelle.
La pulsation est un rythme en mouvement. Son architecture
se dessine dans l'espace avec ses contours, ses crêtes,
ses bosses, ses angles, ses lignes, ses ruptures.
Plus le mouvement "gestuel" s'accorde avec
le mouvement "musical" et réciproquement,
plus les deux mouvements sont interactifs, et plus
il est facile de gérer le tempo qui n'est autre,
que le déroulement d'un geste, d'un mouvement
dans un espace-temps donné. Le mouvement sonore
du métronome s'inscrit dans l'esprit, il peut
aussi s'inscrire dans le corps.
La recherche du mouvement juste fait entrer le corps
en résonance avec le mouvement musical.
Le parcours juste du geste dans l'espace va permettre
la rencontre des vibrations, des fréquences
qui engendrent la polyrythmie.
Tout est accord, tout est résonance entre le
geste, la respiration, la posture corporelle, l'attitude
mentale, l'intention.
Tout est détente. Plus les corps sont vides
de tensions, plus les muscles sont relâchés
et plus l'esprit peut être disponible. Les oreilles
et l'esprit s'ouvrent quand un corps est relâché.
Ils se ferment quand il est tendu.
Alors à quoi bon apprendre la technique laborieuse
d'un instrument sur un corps ou un esprit en tension?
Ne faudrait-il pas d'abord, détendre le corps
afin de rendre l'esprit encore plus disponible?
L'étude abstraite de l'instrument, dissociée
de son mouvement, de son parcours dans l'espace n'apporte-t-elle
pas une surenchère de tensions sur un corps
déjà bien saturé?
Cette accumulation de tensions n'entraîne-t-elle
pas une véritable souffrance peut propice à
l'apprentissage?
La perception mentale du rythme et de la pulsation
ne suffisent pas. Il est nécessaire d'y associer
son inscription dans l'espace. Il s'avère beaucoup
plus facile de mémoriser une pulsation quand
celle-ci s'est inscrite dans le corps et dans un mouvement.
La mémoire du corps ne peut-être dissociée
de celle du signe ou de celle du son.
D'autant plus quand il s'agit de pulsations "flottantes"
qui engendrent des phases, des frottements entre-elles.
Ces pulsations dites "non-droites" vont
chercher leur vie, leur raison d'être dans l'étirement
du rythme, dans son élasticité.
Chaque rythme, chaque cellule rythmique, chaque pulsation
a son propre mouvement, son propre parcours spatio-temporel,
sa propre vie.
Toute raideur, gestuelle ou mentale, entraînera
inéluctablement une raideur musicale.
À qui s'adresse
ce stage ?
Ce stage s'adresse à des musiciens
qui n'ont pas peur du geste ou à des danseurs
quelque peu musiciens.
- des musiciens qui n'ont pas l'appréhension
de bouger et de jouer en mouvement
- des danseurs qui n'ont pas peur de jouer et de bouger
autrement.
Prêts à se mettre dans des situations
inhabituelles aussi bien musicales que corporelles
Des musiciens gestuels ou des danseurs musicaux,
capables :
- de travailler aussi bien à gauche qu'à
droite
- d'improviser aussi bien avec une matière
sonore quelle qu'elle soit qu'avec une matière
corporelle
- de s'aventurer sur les sentiers tortueux de l'improvisation
et de la recherche
- d'effectuer un travail sur la mémoire du
corps et des sons
- de participer à un travail de groupe dans
la détente, la bonne humeur et sans états
d'âme particuliers…
Les stagiaires joueront sur des instruments ou des
objets détournés de leur utilisation
première qui ne nécessitent pas vraiment
une technique particulière dans l'idée
que ce n'est pas l'instrument qui compte mais ce que
l'on est capable d'en sortir.
À partir de
quel âge ?
Dès 10 ans, si les enfants
ont une pratique musicale.
Le bâton
Le bâton s'avère être
un vecteur très intéressant car il n'a
aucune connotation musicale particulière. On
peut le considérer comme un objet landa désincarné
de toute histoire, de toute référence.
Ce n'est qu'un simple bâton. Et c'est tout l'intérêt
de cet objet innocent car pour qu'il devienne instrument
à musique, il va falloir qu'un individu, une
personne en ait l'intention et fasse un acte musical
qui va lui donner la vie. Taper sur un bâton
n'a jamais fait de la musique, ce qui veut dire que
pour faire de la musique avec un bâton, il va
falloir s'impliquer, réfléchir et faire
acte de musique.
C'est alors le moment de toucher à des choses
essentielles de l'acte musical que l'on peut envisager
en cinq phases:
- la première phase est la préparation
? L'avant. Avant même qu'un musicien n'ait commencé
à jouer, dans la vibration qu'il dégage,
on sait déjà s'il a quelque chose à
dire où s'il est tétanisé par
son émoi ou enfermé dans ces certitudes.
Ce silence d'avant l'acte est si révélateur
de l'état intérieur du musicien.
- La deuxième phase, c'est le début.
Comment les choses se mettent en place, s'annoncent.
Les premiers balbutiements. La machine qui se met
en route. Les premières notes.
- La troisième phase c'est le développement.
Où nous emmènent les choses. Où
vont-elles ? Le discours musical. Le musicien a-t-il
vraiment quelque chose à dire ou nous sert-il
sa soupe de gammes virtuoses apprises par cœur
à la maison.
- La quatrième phase c'est la conclusion. Savoir
finir. Savoir terminer une histoire.
- La cinquième phase, c'est le silence d'après
la dernière note. Cette respiration particulière
si difficile à assumer. Ce moment de grâce
où l'on accepte d'offrir la résonance
à l'auditeur sans s'excuser d'exister. Comme
si l'acte musical nous avait échappé,
qu'il ne nous appartenait pas, comme s'il finissait
de lui-même son existence éphémère.
Accepter de donner à l'autre ce moment essentiel.
L'intention musicale
Se remplir de la musicalité
de l'autre. Développer une attitude qui permet
d'entrer en résonance avec l'autre. Le porter
par cette attitude.
Être suffisamment libre et ouvert pour lui donner
son soutien. Un simple regard, une simple posture
physique lui dira qu'on est là avec lui, pour
lui, pour l'aider dans son cheminement musical à
donner le meilleur de lui-même. Une attitude
positive mais neutre, pas juge de ce qu'il fait au
contraire, une attitude amicale, une intention juste
qu'il sentira naturellement et qui lui dira "vas-y,
joue! Donne le meilleur de toi-même pour ne
pas gâcher ce moment précieux, magique,
unique de l'acte musical plein, entier, vrai. Ce moment
d'éternité où le temps s'arrête,
où l'on bascule inéluctablement dans
un autre espace-temps, où ce temps devient
élastique puisque qu'en état de grâce,
on ne sait plus combien de temps a duré l'acte
musical.
Le laissé faire
Se laisser faire, lâcher prise.
N'être qu'un canal, un vecteur, un outil au
service de quelque chose qui se passe à travers
nous. Comme si nous nous regardions jouer de l'extérieur,
comme si nous étions à l'écoute
de nous-même, presque spectateur. Accepter que
les choses nous échappent et ne pas être
effrayé par ce qui arrive, par ce qui nous
arrive, par ce qu'on ressent, par ce qu'on vit, par
cette résonance ultime que l'on appelle la
grâce puisqu'il faut bien la nommer. Cet état
de grâce qui nous emmène vers une plénitude
qui est notre raison de vivre d'artiste-musicien.
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